Le "tour du monde de l'atlantique" en famille sur un voilier

Les Avès, l’archipel aux oiseaux

Depuis los Roques, la navigation vers les Avès est rapide et facile. En une petite demi-journée nous arrivons aux abords des îles de Barlovento. Nous sommes tout de suite saisis…

Depuis los Roques, la navigation vers les Avès est rapide et facile. En une petite demi-journée nous arrivons aux abords des îles de Barlovento. Nous sommes tout de suite saisis par l’incroyable concentration d’oiseaux. Mouettes, fous en colonies qui nichent dans la mangrove mais aussi frégates qui sont de loin les plus grosses et les plus agressives.

Le ciel est plein d’oiseaux en vol. C’est majestueux ! Il est aussi parfois le théâtre de véritables luttes entre les différentes espèces. Ainsi nous observons une frégate qui fond sur le fou tranquille pour lui arracher du bec la brindille qu’il rapportait à son nid. Ou des mouettes qui s’agressent à coups de bec pour  récupérer le poisson pêché par l’une d’entre elles !

Ces nuées d’oiseaux donnent même quelques sueurs froides à Vincent. Parti nager  avec masque et palmes, il s’aperçoit soudain que plusieurs centaines d’oiseaux planent en rond au-dessus de sa tête. L’auraient-ils pris pour un très gros poisson ? Il voit alors plusieurs frégates plonger à tour de rôle en piqué sur lui puis remonter au dernier moment. Il agite les bras pour que la confusion ne soit plus permise et se dépêche de remonter à bord de Sea You. Petite réminiscence du film « Les oiseaux » d’Alfred Hitchcock !😁😁😁

Ce qui nous émerveille le plus c’est d’aller nous promener en annexe le long de la mangrove. Nous pouvons observer les boobies et leurs petits tout blancs et duveteux entre leurs pattes. C’est tellement mignon ! Ce qui est moins mignon en revanche c’est l’odeur pestilentielle qui règne là. Réjouissez-vous, nous n’avons pas encore le moyen de vous la faire partager !

Il est de tradition pour les marins arrivant aux Avès de laisser un petit signe de leur passage. Il faut trouver pour cela un passage caché au milieu de la mangrove. Messages gravés sur la pierre ou dans le bois, peintures, constructions, bouteilles à la mer…les formes sont variées et composent un véritable petit mausolée.

C’est amusant de retrouver des traces des explorateurs qui nous ont précédés ! Les lunettes des précédents Sea You ont malheureusement disparus mais nous retrouvons le message des « Mer veilleuse » qui les accompagnaient ! Spéciale dédicace !

Les enfants choisissent une belle pierre assez plate et Vincent joue du tournevis pour y graver notre nom. C’est à notre tour de laisser une petite trace de notre passage.

Nous mettons à présent le cap sur l’île de Bonaire où nous allons retrouver la civilisation après près d’un mois en pleine nature.

– Olivia

2 commentaires sur Les Avès, l’archipel aux oiseaux

Rêve éveillé à Los Roques

Navigation prudente vers Los Roques Etape phare de notre voyage, nous partons pour l’archipel de Los Roques début février. Malgré les rumeurs d’insécurité qui courent sur les pontons et l’annonce…

Navigation prudente vers Los Roques

Etape phare de notre voyage, nous partons pour l’archipel de Los Roques début février. Malgré les rumeurs d’insécurité qui courent sur les pontons et l’annonce d’un coup d’état au Vénézuela quelques jours avant notre départ  nous ne nous résignons pas à faire une croix sur cette perle des caraïbes. Nous parions sur l’effet insulaire pour nous mettre à l’abri des remous politiques de Caracas. Il s’agit seulement d’être vigilants sur le trajet pour éviter les mauvaises rencontres… de type pirates.

Nous partons donc en mini-flottille avec Comalvi (nous ne sommes que 2 bateaux, n’ayant pas trouvé d’autres courageux pour nous suivre !) notre AIS branché en mode fantôme (réception sans émission). Nous naviguerons feux éteints, attention donc au risque de collision surtout avec le navire-ami qui avance auprès de nous dans le noir lui aussi ! Nous éviterons aussi d’utiliser la VHF, à basse fréquence de préférence et avec des noms de codes pour ne pas être trop identifiables. Dans la mesure du possible nous préférerons les transmissions par iridium. Je soupçonne Vincent et Gérault de s’être allègrement pris au jeux de cette navigation un peu spéciale !

Et nous voilà donc partis après avoir rempli nos cambuses comme si nous partions dans le désert, pas sûr que le ravitaillement hebdomadaire aux Roques arrive encore en période de guerre civile !

Après un après-midi pour se caler à plus ou moins 0,5 milles de distance l’un de l’autre, nous entamons notre première nuit, ça fait du bien de se retrouver en navigation ! Nous sommes plusieurs à éprouver un vrai sentiment de liberté à nous retrouver en pleine mer.

Les bonnes habitudes reviennent : dîner avant le coucher du soleil (soit à 17h30 !) et coucher avec les poules vers 18h30 /19h. Cette fois-ci interdiction de lire dans son lit puisque nous naviguons feux éteints ! Le premier quart est pour Amicie mais Vincent reste avec elle. Nous croisons un nombre impressionnant de bateaux essentiellement des bateaux de pêche et nous redoublons de prudence. Si le reste de la nuit se passe très calmement nous croisons le lendemain une vedette qui avance à très vive allure vers le nord. Avec les jumelles, Vincent repère plusieurs hommes sur le toit de la vedette…peut-être du trafic de drogue entre Margarita et les Antilles ? Nous éprouvons des sentiments mêlés entre excitation et inquiétude…

La deuxième nuit, nous passons au large de Las Orchillas, îles militaires Vénézuéliennes. Nous décidons avec Comalvi de rallumer nos feux de navigation afin de ne pas risquer d’être pris pour des narcotrafiquants ! Un troisième voilier fait route avec nous vers Los Roques, nous l’avons repéré dès le début et nous sommes bien contents qu’il vienne, sans le savoir, grossir notre flottille. Mais au milieu de la nuit, je reçois un appel VHF de Comalvi me signalant qu’ils ont entendu de la musique assez forte sur le canal 16. Ils sont inquiets. Je viens de repérer un feu de navigation derrière eux en effet… seraient-ce des pirates ?

Je réveille Vincent et nous décidons ensemble d’éteindre nos feux de navigation. Cette décision affole sans doute notre troisième compagnon de route puisque nous voyons brusquement son cockpit s’éclairer violemment sur bâbord. En effet, il avait 2 bateaux sur tribord et puis tout à coup…plus rien ! Et le feu que nous avions repéré semble s’être arrêté, peut-être l’avons-nous effrayé lui aussi en éteignant nos feux de navigation ?

Les pirates dans cette zone pourraient bien n’être finalement qu’un fruit de l’imagination des uns ou des autres, largement relayé par radio-ponton ! Enfin, mieux vaut être trop prudents !

Après 2 jours et 2 nuits ponctués de quelques sueurs froides, quelques belles prises, nous arrivons finalement sans encombre dans l’archipel paradisiaque de Los Roques.

Le paradis de Los Roques

Nous arrivons à Gran Roque, la seule île habitée de l’archipel. Nous devons y faire notre entrée dans le pays et nous tentons aussi de nous approvisionner en frais. Le paquebot de fin de semaine semble être bien arrivé comme prévu et nous parvenons à acheter de la bonne viande vénézuélienne et quelques ananas frais  le soir même.

En revanche dès le lendemain, nous sommes impressionnés par les rayons quasi vides du « supermarché ». C’est un bien grand mot pour désigner ce hangar à l’aspect peu avenant. Il est pourvu de rayons en bois où s’entassent des bananes noires et de quelques frigo insalubres.

Nous parvenons quand  même à trouver un paquet de pain de mie plus gros qu’Ysance, un peu de fromage (courageux !), des crêpes de maïs périmées et des œufs qui s’avèreront pour une bonne partie pourris ! Mais enfin, il nous reste les noix de coco et la pêche que nous espérons  riche en langoustes !

Mais le charme de Gran Roque se trouve bien ailleurs que dans ses magasins ! Ses façades colorées abritant de très jolies posadas souvent très bien meublées, ses rues de sable et ses conques par milliers.